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Cartes perforées

Les cartes perforées ont été l’un des premiers moyens de communiquer avec l’ordinateur. Au début des années 1980, il fallait parfois attendre plusieurs jours avant de pouvoir tester son programme soigneusement poinçonné sur la carte et recevoir en retour des pages imprimées.

Plus d’informations sur les cartes perforées sur wikipedia.

Témoignages

La vitrine dispose de cartes perforées et des pages imprimées correspondantes ayant servi à l’établissement de résultats scientifiques : Patrick Dehornoy nous raconte comment.

Calcul d'opérateurs différentiels (1978), par Patrick Dehornoy

A la fin des années 1970, étudiant des déformations de faisceaux sur les courbes elliptiques, David Mumford et Sergei Novikov avaient découvert que des obstructions existant en dimension 1 disparaissaient en dimension supérieure, rendant possible l’existence d’objets d’un nouveau type. Traduit en termes de polynômes différentiels — c’est-à-dire de polynômes à coefficients entiers en deux variables t et d/dt — cela signifiait que, alors qu’il ne peut exister de couple de polynômes différentiels (P, Q) de degrés 3 et 2 vérifiant une relation du type P^2 = Q^3 + aQ + b, il pourrait exister de tels couples en degrés 6 et 4, ou, plus généralement 3n et 2n avec n≥2.

Jean-Louis Verdier m’ayant proposé de regarder la question dans le cadre de ce qu’on appelait alors la seconde thèse de la thèse d’état, j’ai commencé à chercher à la main ces éventuels polynômes. Mais, les calculs nécessaires à une recherche systématique devenant vite apocalyptiques, j’ai vite fait appel aux ressources du centre de calcul de l’ENS qui avait accès à une machine située au CEA à Saclay. La programmation a été effectuée fin 1978 en langage Formac, un idiome de la famille ALGOL assez bien adapté aux manipulations algébriques formelles. L’accès se faisait par cartes perforées, une carte de 80 caractères correspondant à une ligne de code. Si, par chance, le programme était syntaxiquement correct et suivant la charge d’utilisation de la machine, on obtenait au bout de quelques heures un retour sous forme d’impression sur papier-accordéon, souvent plusieurs mètres de listing.

La procédure a été un succès : après quelques mois, des exemples ont été trouvés expérimentalement, puis certifiés et généralisés après analyse en à des familles infinies. Le tout a mené à une publication dans la revue Compositio Mathematica. Quoique bien incommode comparée aux standards actuels, l’utilisation de l’informatique a été déterminante dans ce travail, une découverte fortuite à la main apparaissant a posteriori quasi-impossible.

enseignement/vitrine/cartesperforees.txt · Dernière modification: 04/03/19 12:00 par Delcroix